Mon itinéraire
 
• Diplômée d’une maîtrise de Lettres Classiques,
professeur certifié, j’ai enseigné le français et la méthodologie
en lycée professionnel pendant 25 ans. Le dialogue et le travail
sur la créativité ont été, d’instinct,  mon axe de travail
et aussi ma passion.
 

• A  ces jeunes qui me disaient :
« Je suis nul en français et je le serai toujours ! »
j’ai proposé, d’emblée, d’écrire des poèmes.
Ils m’ont fusillée du regard.                                                                                                                                                     
J’ai tenu bon.                                                                                                                                                                        
Je n’intervenais pas sur le fond, suggérant de trouver
un autre mot quand il y avait des répétitions.                                                                                                                                                                     
Ils ont écrit des merveilles de profondeur, d’émotion et de poésie.                                                                                
Ils ont écrit avec leurs tripes, avec leur cœur, avec leur âme…                                                                                            
Et quand ils sont venus, l’un après l’autre, me demander de l’aide
pour corriger les fautes avant de recopier « au propre »,
j’ai su que c’était gagné !
Ils avaient devant les yeux la preuve, et désormais la certitude, qu’ils n’étaient pas nuls… puisqu’ils étaient capables de produire,   
d’écrire, quelque chose de beau !
Jamais je n’oublierai leur sourire ni l’éclat de leurs yeux quand
ils ont lu et exposé leur poème au regard des autres.
 

• Cependant, face aux difficultés « techniques » d’apprentissage,
je manquais d’outils. J’ai cherché et découvert  la Méthodologie   
réflexive   d’Antoine de la Garanderie. C’est une méthode   
pédagogique qui s’intéresse au  « comment » : comment l’élève fait-il « dans sa tête » pour être attentif, comprendre, mémoriser,
réfléchir et imaginer ?
 
C’est la découverte ou la prise de conscience de son fonctionnement qui importe à la base et par conséquent, 
la connaissance de ses besoins pour apprendre. C’est une éducation à la connaissance de soi et à l’autonomie.
 
C’est aussi une ouverture à la différence et à la tolérance,
qui font partie de mes valeurs fondamentales. Il n’y a pas
un fonctionnement meilleur que l’autre. Le meilleur fonctionnement
est celui qui « me » permet d’apprendre avec succès.
C’est une relation fondée sur le respect de l’autre car l’élève
reste le maître. C’est lui qui choisit d’utiliser ou non l’outil que
je lui propose et j’accepte qu’il ait le droit de refuser, pour l’instant,
de réajuster son fonctionnement.
Pour moi, la méthodologie réflexive a toujours été bien plus
qu’une pratique pédagogique. Elle est une éducation à la vie.
 

• D’autre part, j’avais observé que les jeunes qui avaient des soucis 
à l’extérieur n’étaient pas disponibles pour étudier. Je suivis alors, dans le cadre d’un congé individuel de formation, les cours
de psychologie à l’UCO de Vannes.
 
Mais il manquait encore une autre dimension à mon approche :
le physique. Je n’imaginais pas « saucissonner » l’être humain…
Pour moi, tout était interdépendant, profondément relié…
et je le savais d’autant mieux que je l’avais vécu
dans mon propre corps.
 
A 23 ans, du jour au lendemain, j’ai souffert d’un terrible mal de dos. 
Diagnostic : spondylolisthésis congénital. Je sortis du cabinet de
radiologie livide, anéantie… Je risquais la paralysie en cas de choc 
vertical, je devrais probablement rester allongée quand j’attendrai
un enfant, il m’était interdit de prendre de poids ni de porter quoi que
ce soit, etc… et l’opération était extrêmement délicate…
 
Le premier choc passé, ma colère et mon chagrin exprimés,
je me posai et je réfléchis : j’étais née avec cette malformation et j’avais vécu sans jamais avoir mal au dos jusque là…une vie plus trépidante que contemplative… Donc quelque chose avait déclenché cette pathologie !
La question me vint à l’esprit toute seule :
« De quoi j’en ai plein le dos? »
La réponse suivit immédiatement : de mon travail…
Effectivement  je m’y ennuyais ferme. Je me mis aussitôt à chercher
un autre travail, que je trouvais rapidement : un remplacement
de professeur…
 
Je me revois encore, informant la responsable du personnel
de ma démission, un grand sourire aux lèvres.
A la seconde où j’ai refermé la porte de son bureau,
mon mal de dos a disparu !
 

• Pour compléter mon approche du lien entre physique et psychisme, j’explorai et j’approfondis au fil des ans plusieurs approches corporelles – soins énergétiques, yoga, relaxation,
visualisation, danse - et artistiques -  collage, modelage, dessin, peinture.                                                                                                                                                                          
 
Je les mis en pratique dans mes cours, et dans les formations
et les ateliers que je donnais de plus en plus à l’extérieur.
Les jeunes me réclamaient les séances de relaxation et j’étais chaque fois émerveillée de la qualité du silence et de l‘éclat de leurs yeux lors des ateliers d’expression créatrice.
 

• Toutes ces recherches et expériences avaient un impact puissant
sur ma vie privée. A partir de 1995, j’entrepris une thérapie
pour clarifier mon histoire, comprendre les mécanismes 
de mon fonctionnement et libérer les nœuds émotionnels qui entravaient ma route.
C’est aussi parce que je connais le chemin que je peux accompagner l’autre.
 
La psychanalyse, le rebirth, la psychothérapie jungienne,
les constellations familiales, l’ostéopathie, l’acupuncture,
la fasciathérapie, la médecine énergétique chinoise,
les massages, le décodage biologique, la réflexologie plantaire, l’analyse psycho-organique, la biodanza, le travail sur la voix, m’ont accompagnée tour à tour sur le chemin de la connaissance
de moi et de la liberté.
 

• En 2002, je rencontrai les thérapeutes québécois de
« l’Arc en Ciel »  (www.larcenciel.org) lors d’un stage :
« Rêve miroir ».
Leur ouverture du cœur et leur professionnalisme humaniste
me donnèrent envie de m’engager dans la formation
« Connaissance de soi et Intervention par le rêve ».
 
Le rêve est perçu comme outil de connaissance de soi pouvant servir à faire le point sur la réalité quotidienne en vue
d’une transformation. Le contenu de cette formation s’inspire
de la psychosynthèse, de la psychologie jungienne
et de la gestalt-thérapie. Elle puise en outre, dans la tradition chamanique, la relation profonde et directe avec les éléments essentiels de la Nature.
 
Dans les années soixante dix, deux ethnologues américains découvrirent au fin fond de la forêt de Malaisie une tribu primitive,
les Senoïs. Ceux-ci « conduisaient » leurs vies à partir de leurs rêves.
On les appelait  d'ailleurs « le peuple du rêve ».
Tous les matins autour du feu, chacun parlait de ses rêves de la nuit
et il créait sa journée à partir de leur message. Si un Senoï avait rêvé avoir nui à quelqu'un, il devait offrir un cadeau à la personne lésée.
 
Les Senoïs séduisirent les ethnologues occidentaux. Leur société ignorait  la violence et le stress : c’était une société sans ambition de pouvoir économique ni de conquête guerrière…
Ils disparurent quand la partie de la forêt où ils vivaient fut livrée
au défrichement…
 

• Ce lien avec la Nature et avec l’univers tout entier permet de développer notre capacité d’auto-guérison à l’aide, entre autres,
des rituels symboliques. J’aime beaucoup ce qu’a écrit
Paule Lebrun  à ce sujet :
« Le travail rituel ouvre les portes de l’âme humaine en ravivant
la dimension poétique et mystérieuse de l’existence et en créant
du sens autour des passages importants de nos vies ».
 
C’est cette dimension et ce sens existentiels qui manquent cruellement et désespérément à nos adolescents d’aujourd’hui qui se mettent en danger, ritualisant inconsciemment  leur passage
de l’enfance au monde des adultes.
Tout rite de passage est basé sur le cycle mort-renaissance symbolique.
Le goût de mourir qui envahit parfois ces jeunes est un signe
qu’il faut écouter. Cela ne signifie pas qu’ils doivent mourir physiquement ! « C’est leur âme qui murmure qu’ils sont prêts à passer à une autre étape, que quelque chose doit mourir en eux, comme une graine meurt pour donner vie à la plante. Le goût de mourir est le besoin de naître à nouveau » Paule Lebrun.
 

• Les relations humaines étant une autre de mes passions, je me suis formée à la Méthode ESPERE de Jacques Salomé  (www.ifrecom.fr), à la gestion des conflits (www.gemediat.org)
et j’ai étudié la CNV et la méthode GORDON. J’ai intégré ces techniques dans ma vie quotidienne et dans ma pratique professionnelle.
 
Quand j’enseignais en classe de 4ème, je commençais la semaine avec le « Comment chat va ? ». Les élèves avaient appelé ce tour de parole « Les Z’humeurs » : le « bâton de parole », l’un des « outils » de Jacques Salomé passe de main en main. Celui qui le tient parle, les autres l’écoutent.
 
Chacun a ainsi la possibilité d’exprimer comment il arrive…
« En bus … » m’a répondu l’un la première fois que j’ai posé
la question de cette façon. Fichu jargon… J’ai rectifié :
« Comment tu te sens  en ce début de semaine : fatigué, triste, en colère, déçu, contrarié, inquiet, perplexe etc… ».
Nous avons découvert et expliqué le vocabulaire des émotions et ils
peuvent consulter leur liste d’adjectifs pour préciser exactement comment ils se sentent « à l’intérieur ».
Le simple fait d’exprimer leur ressenti et de se sentir accueillis et  
reconnus par les autres et par moi-même dans leur état - triste, en colère, contrarié, inquiet, etc - est fondamental. Ayant été reconnus et acceptés comme ils étaient, ils peuvent ensuite être plus disponibles pour les cours.
 
• Le temps a passé et j’ai de plus en plus développé le côté thérapeutique. Et un jour, j’ai dû choisir. J’ai franchi le pas
et quitté la matrice de « l’Education » pour ouvrir mon cabinet
de thérapie psycho-corporelle.
Une autre aventure, tout aussi intense et épanouissante.
annielaudrin.com
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